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Il y a eu à toute époque une grande variété de cultures à Noyarey. Sous le second Empire, les historiens décrivaient la vallée de l’Isère comme : « un éternel printemps en face d’un éternel hiver, celui des montagnes. Des champs complantés de mûriers ou de cerisiers, des vignes montant aux arbres. Sous leurs ombrages, le froment, l’orge, le maïs, les pommes de terre, le chanvre, le colza, le trèfle, la luzerne, le sarrasin. » Adossé au Vercors, Noyarey est à la limite septentrionale de certaines plantes méditerranéennes comme le mûrier et le figuier. Les cigales se font entendre pendant les chaudes journées d’été. Il n’y a donc rien d’étonnant d’y rencontrer la vigne. Elle est une longue tradition qui a marqué le paysage et ponctué la vie de la communauté. C’était au consul sous l’Ancien Régime, puis au maire après la Révolution, que revenait la décision d’ouvrir le «ban» des vendanges fin septembre. Il prélevait le “commun“, taxe sur la consommation du vin dans les tavernes. Le seigneur du lieu utilisait son droit de “banvin“, soit l’exclusivité de la vente de sa production pendant 1 mois, au prix qu’il avait fixé. Les propriétaires des fermes faisaient transporter, par bateau jusqu’à Grenoble, les charges de vin qui leur étaient destinées. Ainsi l’évêque de Grenoble, seigneur de Chaulnes en 1754, faisait obligation à son fermier d’assurer, chaque année, “18 charrois dans la distance du château à un des ports de Noyarey , plus par eau de voiturer du port de Noyarey à celui de Grenoble 45 charges de vin“( une charge égale 100 litres environ). La vigne n’a disparu qu’au cours des cinquante dernières années, laissant aujourd’hui quelques vestiges en plaine et sur les coteaux. Elle est déjà présente à l’époque gallo-romaine, mais ce sont des écrits du XIe siècle qui mentionnent sans contestation la culture de la vigne sur les pentes du Grésivaudan. Elle est plantée en foule et cultivée à bras. Vient ensuite la plantation «treillée», en lignes espacées de 3 à 5 m avec des cultures intermédiaires de plantes sarclées, puis la vigne pleine avec des espaces d’environ 2 m. Plus tard elle s’installe dans la plaine. On pratique aussi la culture sur «hautains», plants grimpant aux arbres, comme l’atteste, en 1802 un bail à ferme du domaine de Chaulnes. Pline le Jeune avait écrit bien avant qu’on «laissait grimper la vigne autour de peupliers très élevés. Aussi quand un vendangeur se laissait choir, on n’avait plus qu’à préparer ses funérailles». Au XVIIIe siècle, elle tient une place considérable et rapporte beaucoup d’argent. Elle survit aux ravages du phylloxéra en 1877 et du mildiou en 1910 (sauf les hautains) avec l’adoption de plans américains. A partir de 1920, la culture sur coteaux diminue au profit de la culture en plaine permettant l’usage de la charrue. Le viticulteur s’oriente vers la production de vins de ménage à partir de cépages «producteurs directs» (gaillard, seibel, baco, couderc) réclamant peu de traitement pendant la période des fenaisons et des moissons, à l’inverse des variétés anciennes. En 1930, il y a 150 ha de vigne dans le canton de Sassenage. C’est une culture de complément avec une moyenne de 33 ares par exploitation et un rendement de 30 hl / ha. En 1960, Noyarey en possède encore 30 ha. Le vignoble de la vallée du Grésivaudan disparaît progressivement après la dernière guerre sous la pression des vins de table du midi, à l’inverse de la région de Montmélian toute proche qui sauve son vignoble en s’adaptant grâce à la sélection de un à deux cépages nobles (il en existait 24 dans le Grésivaudan en 1874). |